Trois questions à Pierre MARTIN, Président de l’ACAP

Suite à la disparition douloureuse de Jean-Michel Anxolabéhère, l’association a tenu un conseil d’administration le 30 juin 2016 pour élire son successeur.
C’est Pierre MARTIN, représentant de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, qui a été élu. C’est donc un éleveur de la vallée d’Aure, proche de St Lary Soulan, qui présidera l’ACAP, jusqu’à la fin de la mandature en février 2019.

Pouvez-vous présenter ? Pierre Martin, Président de l'ACAP
Agé de 44 ans, je suis éleveur de vaches allaitantes dans un système transhumant classique de montagne qui essaie d’associer au mieux les fonctions de production et de gestion du territoire.

Que peut représenter l’ACAP pour un agriculteur Pyrénéen ?
L’ACAP doit permettre avant tout de mieux connaître, de fédérer et de valoriser les initiatives du monde agricole à l’échelle des Pyrénées. Les 6 chambres départementales d’agriculture (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales) et les deux chambres régionales (Nouvelle Aquitaine et Occitanie) y sont associées. Au travers de ses commissions (foncière, ovine et pastoralisme) et de son comité d’orientation économique, l’ACAP doit apporter une réelle plus-value aux échelons départementaux, porter son expertise auprès des Conseils Régionaux, des DRAAF et du commissariat de massif et représenter au sein des instances nationales voire européennes la vision pyrénéenne de l’agriculture de montagne.
Cela nécessite tout d’abord une profonde connaissance pratique de nos modes de fonctionnement avec toutes les spécificités que peut contenir notre massif, du pays basque aux portes de la Méditerranée. Il convient également de conceptualiser nos systèmes afin de les faire partager, de les intégrer au mieux aux diverses politiques publiques et de mettre en exergue des initiatives susceptibles d’être reproduites en tout lieu de la chaîne pyrénéenne.
Ainsi, connaissance pratique et conceptuelle doivent nous permettre non seulement de porter le message d’une agriculture de montagne dynamique mais également de constituer une ressource pour les porteurs de projet au travers des chambres départementales. Sur un plan factuel, l’évaluation du plan de soutien à l’économie de montagne, la création de l’observatoire dynamique de l’agriculture pyrénéenne (ODAPY, à consulter et partager sur internet), l’organisation de séminaires ou de journées de rencontre des acteurs sur les enjeux prioritaires de l’agriculture pyrénéenne (installation, foncier, filières…), les actions de lobbying auprès des rédacteurs de politiques publiques ou encore la réalisation de la typologie des filières agricoles pyrénéennes constituent des exemples récents d’actions à mettre au crédit de l’ACAP.

Quels sont les enjeux pour la fin de mandature ?
Les enjeux de l’ACAP demeurent clairement fixés autour de 4 axes stratégiques :

  1. Anticiper les évolutions des exploitations agricoles et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs,
  2. Consolider le rôle de l’agropastoralisme dans la gestion des territoires,
  3. Aider à la construction de politiques publiques agricoles qui soient adaptées à nos spécificités montagnardes,
  4. Investir dans la valorisation des produits et la compétitivité de nos filières.

Fidèle à la défense de l’agriculture de montagne, l’ACAP, communauté de travail et d’expertise, s’avère être précieuse dans les discussions inter-massifs ou les représentations nationales qui traitent d’agriculture de montagne. A l’heure où nos instances et leurs politiques respectives se refondent en grande région, l’enjeu est aussi pour nous de montrer toute la pertinence de la dimension Massif et de confirmer tout l’intérêt de mutualiser nos compétences pour servir au mieux les agriculteurs de nos belles Pyrénées.