Assemblée Générale de l’ACAP, bilan et perspectives d’ici la fin de mandature

Les élus de l’association des chambres d’agriculture du massif des Pyrénées ont tenu leur assemblée générale le 30 juin 2016, à Eyne, dans le département des Pyrénées Orientales. Outre le bilan des actions de l’ACAP, les élus ont travaillé sur les perspectives et la définition des missions pour la fin de mandature.


L’assemblée générale est ouverte par une minute de silence en souvenir de Jean-Michel ANXOLABEHERE disparu brutalement ce printemps. François TOULIS, qui assure la présidence par intérim, salue « l’homme qui a su porter les enjeux des agriculteurs pyrénéens dans le plus grand respect des spécificités de chacun. » Jean-Michel ANXOLABEHERE était président depuis la création de l’ACAP en 2008. Le monde agricole pyrénéen est en deuil.

Conserver l’unité dans le massif

L’année écoulée a été difficile pour l’agriculture. Crise agricole. Ponction sur le fonds de roulement des Chambres d’agriculture. Imbroglio de l’instruction des dossiers PAC. « Aucun agriculteur ne connaît encore le montant de ses primes de l’année 2015. Les pouvoirs publics ont une gestion calamiteuse de ce dossier. » s’exclame François TOULIS. La réforme des grandes régions, qui a aboutie avec l’élection des Présidents de Région, va avoir un impact notable sur les politiques du massif. Les Pyrénées-Atlantiques semblent isolées dans ce nouveau schéma. Tous les autres départements pyrénéens se retrouvent dans la nouvelle région Occitanie. On relève une inquiétude pour les élus de la profession. « C’est un moment stratégique très fort pour conserver l’unité dans le massif et pour que la montagne soit pris en compte dans les deux nouvelles régions » analyse Jean-Pierre GOITY, agriculteur basque. La nouvelle organisation du massif représente un enjeu majeur pour l’année à venir.

L’échelle du massif pour défendre les intérêts des exploitations pyrénéennes

L’assemblée générale 2016 ce situe à mi-parcours de la mandature 2013-2019. C’est l’occasion d’établir un premier bilan. L’ACAP est une émanation des six Chambres d’agricultures départementale du massif des Pyrénées. Elle a pour objectif la mutualisation des réflexions stratégiques des Chambres départementales et la défense des enjeux spécifiques à l’agriculture pyrénéenne. L’ACAP a travaillé sur l’unité du massif, souligne François TOULIS, et a construit des propositions communes au-delà de nos différences. La lobbying sur la réforme de la PAC, avec les autres structures de massif, a abouti à la reconnaissance des surfaces peu productives. L’ICHN a également fait l’objet de négociation sur les nouveaux critères d’éligibilités. La position à l’échelle du massif s’avère fondamentale pour défendre les intérêts des exploitations pyrénéennes. La dernière réforme a montré tout l’intérêt de faire des propositions communes partagées avec tous les massifs du territoire national. La renaissance du groupe montagne des Chambres d’agriculture (APCA) est une bonne nouvelle. Pour le volet technique, l’ACAP a lancé l’observatoire dynamique de l’agriculture des Pyrénées (Odapy). C’est un outil de simulation, d’aide à la décision et d’appui au pilotage de l’évolution des politiques publiques. Il permet également d’accompagner les projets du massif. Pour la fin de séance, les partenaires de l’ACAP ont orienté leurs travaux sur les perspectives et les missions à donner à la structure d’ici la fin du mandat en 2019. La construction des stratégies des politiques publiques demeure une des missions essentielles de l’association. Elle doit également poursuivre son travail sur la mutualisation des expériences avec l’appui entre autre de l’outil Odapy. La reconnaissance de la contribution du pastoralisme à la qualité du milieu montagnard et le renforcement des filières et de la valeur ajoutée sur les exploitations seront deux axes à investir pour les trois années à venir jusqu’à la fin de mandature.

Régis BAUDIFFIER