Paroles de double actif

Francis Ader, éleveur d’ovins viande en système extensif transhumant et membre de l'ACAP, Pays de Luchon, Haute-Garonne

Photo FrancisQuelle profession secondaire exercez-vous et depuis quand ?
Depuis le début ! C’est mon activité secondaire actuelle qui m’a amenée vers l’agriculture. Initialement, j’’étais dessinateur en génie civil (bâtiment) et j’ai exercé deux ans. Au bout de ces deux années je me suis aperçu que je n’étais pas fait pour ça et je me suis réorienté pour devenir moniteur de ski. C’est finalement la nécessité d’avoir un emploi à l’année et l’opportunité de l’exploitation familiale qui m’ont conduit à devenir éleveur.

Aujourd’hui, vos deux activités ont-elles évolué ?
Oui, en effet. Petit à petit, j’ai obtenu un statut agricole (MSA) et j’ai ainsi adapté le ski à l’activité agricole.

Quelle plus-value retirez-vous de cette double activité ? Est-ce une nécessité économique ?
Longtemps le ski a prévalu sur mon revenu annuel mais en baissant l’activité les revenus agricoles et non agricoles se sont équilibrés. L’une et l’autre activité sont indispensables pour moi aujourd’hui, à la fois pour maintenir un équilibre économique mais aussi et surtout d’un point de vue social.
On a de moins en moins le temps de mettre de lien entre les gens car nous sommes toujours poussés à être plus performants. Cela ne laisse pas la possibilité de prendre le temps quand on veut que nos outils soient viables et c’est d’autant plus compliqué sur nos systèmes viande extensifs. Cette activité extérieure m’apporte un lien humain et social qui m’est indispensable.

Comment arrivez-vous à concilier les deux activités pendant la saison hivernale ?
C’est une question d’organisation. Avant, la moitié des moniteurs présents à l’année (hors périodes scolaires) étaient éleveurs. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 3 sur les 30. Il faut des outils adaptés pour faire le boulot rapidement le matin et le soir.

Et si votre activité non agricole disparaissait ou que vous ne pouviez plus l’exercer, que décideriez-vous ?
Si je n’ai plus la possibilité d’être moniteur de ski, les opportunités étant assez rares sur d’autres secteurs d’activité chez nous, je ferai évoluer l’exploitation agricole, pour à la fois générer plus de revenus mais aussi développer des activités permettant de conserver ce lien social, tel que les circuits courts par exemple, c’est très important et même essentiel pour moi.