La pluriactivité dans le secteur agricole

Le choix de presque un tiers des agriculteurs pyrénéens

La pluriactivité est une caractéristique de l’agriculture Pyrénéenne. Plus uniquement pour des raisons économiques comme ce fut le cas dans le passé. La pluriactivité est également devenue un choix pour certains agriculteurs. Pour la passion de ce métier, par attachement à un territoire ou bien pour conserver le patrimoine familial, près de 30 % des agriculteurs pyrénéens ont choisi cette voie. L’observatoire ODAPy (Observatoire Dynamique de l’Agriculture Pyrénéenne) nous permet d’analyser la typologie de ces exploitations.

Plus de pluriactifs pyrénéens que la moyenne nationale

Des revenus de l’exploitation agricole plus faibles en montagne qu’en plaine

L’activité agricole ne suffit pas toujours à assurer l’équilibre économique des exploitations. Pour sécuriser leurs revenus, certains agriculteurs décident alors d’exercer une seconde activité professionnelle, permettant une ressource complémentaire extérieure. En France, ce sont ainsi 22% des chef d’exploitation qui sont pluriactifs, par nécessité ou choix de vie. Entre les zones de montagne et les zones de plaine, les écarts de revenus se creusent années après années : et atteignaient 35% en 2008. (Ministère de l’agriculture et de la Pêche, Rapport de Pierre Morel-A-L’huissier, 2008) Atteignant 27% des actifs agricoles, la pluriactivité dans les Pyrénées peut ainsi s’expliquer du fait des moyens de production limités (surfaces exploitables limitées, coût des investissements...), de coûts de production plus élevés qu’une valorisation des produits parfois insuffisante n’arrive pas à compenser. Ainsi les chefs de petites exploitations sont plus souvent pluriactifs que sur les autres types d'exploitation

Des pluriactifs se déclarant chefs d’exploitation dans un second temps

Seuls 1/3 des chefs d’exploitation déclarent que l’exploitation agricole est leur activité professionnelle Principale

Exercer une autre activité professionnelle (en dehors de l’exploitation) pourrait répondre à plusieurs logiques : conjoncturelle, en permettant ainsi de pallier une faiblesse de revenu agricole passagère (au moment de l’installation dans l’attente d’une montée en puissance de l’exploitation – notamment pour le cas d’installations hors cadre familial-ou dû à des aléas) ou structurelle, en contribuant durablement au financement de l’exploitation et permettant ainsi son maintien ou son développement.

 Activites pluriactifs RGA2010 ACAP ODAPyNéanmoins, seul 1/3 des pluriactifs agricoles déclare que leur première activité professionnelle est l’exploitation agricole (la notion de première ou seconde activité est purement déclarative et n’est donc pas systématiquement liée au revenu de l’activité mais soumis à l’appréciation de l’agriculteur). Soit ces revenus sont réellement inférieurs à l’autre activité professionnelle, et c’est dans ce sens que les agriculteurs l’ont déclaré comme étant secondaire, soit ce n’est pas le cas ou du moins n’est-ce pas la raison principale à ce jugement.
La coexistence de l’exploitation agricole et d’une activité extérieure, principale, peut s’expliquer par le besoin et la volonté de conserver ces biens et cette activité afin de maintenir le patrimoine familial, en vue d’une transmission au petit fils (« saut de génération ») ou simplement pour ne pas « perdre » ce patrimoine, présent dans la famille depuis plusieurs générations. La pluriactivité dans ce cas répondrait à une logique patrimoniale.
source : recensement agricole 2010 - ACAP - ODAPy

DES TYPES D’EMPLOIS VARIABLES

De plus, dans les Pyrénées, le type d’emploi non agricole exercé par les agriculteurs pluriactifs est variable selon la localisation géographique, les secteurs d’activité générateurs d’emplois étant spécifiques à des vallées ou cantons. Certaines vallées par exemple, notamment en Hautes Pyrénées et Ariège ont connu le développement d’industries et l’implantations d’usines (notamment la COFAZ, employant près de 1200 salariés dans les années 50 dans les Hautes Pyrénées) qui tendent aujourd’hui à se fermer entraînant localement une mutation industrielle et des reconversions professionnelles. Ainsi, les agriculteurs se réorientent selon les possibilités vers d’autres types d’emploi comme le tourisme ou d’autres activités de service.

LA PLURIACTIVITÉ EST PLUS PRÉSENTE AU SEIN DES PETITES EXPLOITATIONS

La moitié des chefs des petites exploitations agricoles (dites « non professionnelles ») sont pluriactifs, alors que seul un chef d’exploitation professionnelles sur 5 a une activité extérieure à l’exploitation. Les systèmes demandant une main d’œuvre importante tels que les systèmes laitiers ou le maraîchage présentent la pluriactivité la plus faible (mais néanmoins présente, car il s’agit de 6% des élevages laitiers et 16% des maraîchers, dans le champ des exploitations professionnelles), tandis que les chefs d'exploitations en grande culture, viticulture, microélevages ou spécialisés dans la production de viande sont plus pluriactifs. C'est d'ailleurs très marqué quand on s'intéresse à la répartition des pluriactifs selon leurs familles de systèmes : les élevages (exploitations professionnelles) spécialisés en bovins viande représentent 17% de l'ensemble des pluriactifs.

Typologie syst pluri INOSYS ODAPysource : recensement agricole 2010 INOSYS - ACAP - ODAPy

Pour les petites exploitations, ce sont les microélevages ou exploitations très diversifiées qui présentent le plus de chefs d’exploitation pluriactifs (près de 70 % des exploitations « non professionnelles » dont le dirigeant est pluriactif). Ce sont ensuite les exploitations ayant un élevage équin et les structures viticoles qui sont le plus représentées, comptant chacune une centaine d’exploitations.


Typo syst petites EA pluriactif ODAPysource : recensement agricole 2010 INOSYS - ACAP - ODAPy


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