Projet Stratégique de l'Agriculture du Massif des Pyrénées

La politique de la montagne dans le massif des Pyrénées, reconnaît depuis longtemps la place centrale de l’agriculture dans nos territoires. L’économie pyrénéenne est fondée notamment sur la valorisation de leurs qualités paysagères et environnementales. Résultats des relations homme/nature spécifiques au massif et notamment de l’importance patrimoniale de l’activité pastorale, le capital environnemental des Pyrénées est intimement lié au maintien de l’agropastoralisme et de la gestion de la forêt. Cette existence ancestrale du pastoralisme se retrouve dans les Pyrénées depuis le néolithique final (vers 3000-2000 av. JC) où on note les premières attaques de la limite supérieure de la forêt pour y installer des pâturages d’été. La stabilisation du système agropastoral se fera à la fin de l’âge du bronze, début de l’âge du fer (vers 1000-500 av. JC), avec notamment les premières « zones intermédiaires ».

L’interdépendance ente la forêt, l’agriculture et l’environnement a naturellement conduit à préciser les stratégies partagées dans le Schéma de Massif des Pyrénées de 2006 et dans celui de 2013, au travers de documents spécifiques de ces trois thématiques.

  • Ce fut d’abord la Stratégie forestière des Pyrénées approuvée par le Comité de Massif des Pyrénées le 07 juillet 2009;
  • Puis la Stratégie pyrénéenne de valorisation de la biodiversité (SPVB) élaborée en 2011 et présentée au Comité de Massif le 10 décembre 2010.

La matière recueillie pour la révision du Schéma de Massif au cours des années 2012 et 2013 a permis d’affiner une vision commune de l’agriculture, partagée par tous les acteurs du Massif. C’est le Projet stratégique de l’agriculture et de l'agroalimentaire du Massif des Pyrénées (PSAMP). Résultat d’une élaboration participative conduite sous l’impulsion de l’association des Chambres d’Agriculture des Pyrénées (ACAP), ce projet stratégique couvre trois champs prospectifs :

  • La production agricole et pastorale ;
  • La valorisation des ressources naturelles ;
  • Une approche par filière et chaînes de valeur ajoutée.

Volet agricole du Schéma de Massif, il s’articule également selon trois axes complémentaires :

AXE 1 : Conforter le pastoralisme collectif

Ce savoir faire partagé sur toute la chaîne pyrénéenne doit permettre de faire face à la crise de revenu des exploitations pastorales, de conforter la valorisation du foncier et de remettre l’agro-pastoralisme au centre de l’économie l’agricole et de l’agroalimentaire. Les objectifs fixés sont :

  • Rationaliser et améliorer les conditions de vie et de travail en estive ;
  • Encourager la valorisation collective des estives et la gestion des zones intermédiaires ;
  • Capitaliser sur la réussite du Plan de soutien à l’économie de montagne (PSEM 2007-2013).

AXE 2 : Sécuriser et renouveler les exploitations

Les enjeux retenus dans ce second axe visent à maintenir les exploitations au sein du massif, d’en assurer la transmission et d’accompagner les installations, de s’adapter aux changements de la PAC et de sécuriser l’assise foncière des exploitations. Les objectifs fixés sont :

  • Accompagner la modernisation ;
  • Reconnaître les aménités positives ;
  • Préserver le foncier et revisiter les politiques foncières et d’urbanisme ;
  • Renforcer l’attractivité du massif pour les jeunes agriculteurs ;
  • Renforcer une approche territorialisée de la gestion des espaces.

AXE 3 : Accompagner les dynamiques territoriales des filières

L’agriculture de montagne, activité économique non délocalisable, est une force ancrée dans nos Pyrénées. La travail commun doit permettre de renforcer l’équilibre entre les différentes activités des territoires, de développer la valeur ajoutée, de structurer les outils de transformation et consolider les entreprises agroalimentaires pyrénéennes et de privilégier à chaque fois les effets de synergie des actions collectives. Les objectifs fixés sont :

  • Développer les productions de qualité en s’appuyant sur la différenciation, le marquage et la mise en synergie des différents produits ;
  • Construire des filières locales de production et de transformation ;
  • Adapter et moderniser le tissu des outils d’aval ;
  • Développer les relations avec la plaine et les villes ;
  • Favoriser les dynamiques intersectorielles

 

La pleine réussite de ce Projet stratégique pour l’agriculture et l'agroalimentaire du Massif des Pyrénées nécessite la mise en œuvre d’outils et d’approches nouvelles.

  • Une gouvernance appropriée, organisée à l’échelle du massif ;
  • La mise en synergie des compétences permettant de développer une offre d’ingénierie et de formation à l’échelle du Massif et leur structuration pour les mettre au bénéfice des porteurs de projet, la centralisation des données agricoles et des réflexions au sein d’un observatoire partagé de l’agriculture permettant d’alimenter les projets et d’éclairer les décisions politiques ;
  • L’innovation technologique et organisationnelle au sein des exploitations, des filières et des outils agroalimentaires, l’innovation institutionnelle sur les questions agricoles.

Le PSAMP, élaboré par des contributions multiples, est porté par les acteurs agricole et a été présenté par l’ACAP devant la commission permanente du Comité de Massif des Pyrénées le 16 décembre 2014 et devant le Comité de Massif lors de sa séance du 10 mars 2015, où il a été approuvé, devenant ainsi une déclinaison règlementaire du schéma de Massif des Pyrénées et sa véritable vision stratégique détaillée sur la thématique agricole.

{pdf}http://www.agriculturepyrenees.fr/images/Travaux_Prospectifs/Propositions_Politiques/LivreBlancImpression_ACAP_20180629_VF.pdf|app:google{/pdf}

Pour aller plus loin, rendez-vous sur le site du Commissariat à l'aménagement du Massif des Pyrénées

Assemblée Général 2015 de l'ACAP

Juillet 2015

AG ACAP 2015 3A l’occasion de son Assemblée Générale, l’ACAP a invité ses partenaires institutionnels et techniques le 23 juin 2015 à Auzat en Ariège. Ce rendez-vous annuel avait pour ambition de débattre de la place de l'agriculture de montagne dans les Politiques agricoles et de l'intérêt des structures de massif pour défendre les intérêts de l'agriculture de montagne. C'est l'heure du bilan puisque s'achève aujourd'hui deux années riches de réformes et de révision de politiques publiques : PAC, politique de cohésion, schémas et conventions de massif, loi d'avenir agricole, loi montagne... Le tout, conduit dans un contexte dense de réforme territoriale.

Pour en parler, les Pyrénéens ont eu l'immense plaisir d'accueillir Christophe Léger, Président du SUACI - l'équivalent de l'ACAP pour les Alpes du Nord - et Luc Maurer, conseiller agricole auprès de Stéphane Le Foll alors Ministre de l'Agriculture.Selon Luc Maurer, la réforme s'annonce prometteuse pour les montagnes, avec la reconnaissance des surfaces pastorales qui deviendront alors éligibles aux aides découplées du premier pilier. Pour Patrick Férrié, Président du GP du Montcalm et Joseph Bernadac, Président du GP du Carla Rat, cette réforme peut-être aussi synonyme d'opportunisme, car les mécanismes en vigueurs sont pas forcément adaptés à une gestion collective.

Pour aller plus loin, retrouvez en téléchargement :


Entretien avec jean-Michel ANXOLABEHERE, Président de l'ACAP

Avril 2015

Jean Michel ANXOLABEHERE 201504
Fédérant les acteurs agricoles pyrénéens, elle défend les enjeux spécifiques des activités agricoles et pastorales de montagne. L’activité de production en territoire de montagne ne pouvant se résumer aux seules politiques de compensation des handicaps, la stratégie politique de l’ACAP est de promouvoir une agriculture rentable et forte dans ses territoires.

 L'ACAP c'est quoi ?

Fondée en 2008, l’Association des chambres d’Agriculture des Pyrénées est la porte-parole des chambres d’agriculture des départements pyrénéens que sont les Pyrénées Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées Orientales. Elle est pilotée par un bureau permanent composé de membres élus – Pierre MARTIN pour les Hautes-Pyrénées, Francis ADER pour la Haute-Garonne, François TOULIS pour l’Ariège, Marie-Aude PONS pour l’Aude, Françoise GUIDEL pour les Pyrénées Orientales et moi-même pour les Pyrénées Atlantiques, mais également Bernard MOULES pour la FNSEA, Antoine BAURES pour le SUAMME, Alfred VISMARA pour la chambre régionale de Languedoc-Roussillon, Jean-Pierre GOÏTY pour la chambre régionale d’Aquitaine et Jean-Louis CAZAUBON pour la chambre régionale Midi-Pyrénées – et directeurs.

 Quelles sont ses missions ?

L'ACAP assure en premier lieu des missions d'ordre politique et qui ont pour objet la mutualisation des réflexions des chambres départementales. Nous articulons notre stratégie et nos prises de positions selon deux enjeux prioritaires : l'économie de production et la valorisation de nos potentiels territoriaux (nous, nos savoirs faire et notre ressource locale). L'adéquation entre pratiques de production et territoire est garante d'une économie agricole rentable mais surtout durable. Ainsi, nous nous faisons force de défendre une agriculture de production, rémunératrice et de qualité mais également forte dans ses territoires.

Quels sont ses moyens ?

Pour alimenter nos réflexions politiques, nous assurons des missions techniques de simulations des impacts des politiques publiques sur nos systèmes mais aussi d'échange d'expériences. Ces missions sont mises en oeuvre par une équipe ACAP restreinte à deux agents techniques et qui s'appuie très fortement sur le réseau d'experts des chambres départementales.

Quelle est sa plus-value pour le réseau des chambres d'agriculture et donc pour les agriculteurs pyrénéens ?

L'économie de production se raisonne à des échelles supra-départementales. La coordination des actions des chambres départementales à l'échelle du massif par l'ACAP est d'autant plus pertinent lorsqu'il s'agit de faire progresser les schémas territoriaux et d'investir dans la compétivité des filières. Enfin, l'ACAP est avant tout une instance politique composée de professionnels et qui repose sur un réseau d'experts. Forte de ces atouts, elle a aujourd'hui la capacité de faire coïncider l'économie des marchés, la réglementation et les politiques publiques avec les réalités de terrain !

INNOV'OVINE : journée ferme ouverte dans les Hautes-Pyrénées

 Avril 2015

Dans le cadre de l'Observatoire Dynamique de l'Agriculture Pyrénéenne (ODAPy), l'ACAP et les six Chambres d’Agriculture des Pyrénées vous proposent des journées de visite et d’échanges avec les professionnels de la filière ovine de montagne

Une exploitation sur 5 en moyenne a un atelier ovin dans les Pyrénées

Bâtiment de montagne pour les brebis viandesLe Massif des Pyrénées est le Massif français où le poids de l’agriculture est le plus important, avec 8.4% des actifs dans le secteur agricole. Sur le Massif, 20% des exploitations professionnelles ont un atelier ovin, et 9% sont spécialisées en élevage ovin allaitant ou laitier, soit 1 170 exploitations.

Globalement, la filière ovine des Pyrénées compte 2 575 élevages, dont 609 spécialisés en brebis laitières et 561 spécialisés en ovins allaitants. Sur le massif, ceci représente plus de 680 000 brebis en 2010 : presque 400 000 brebis laitières et 186 000 brebis allaitantes.

Bien que le nombre d'exploitations et les effectifs ovins semblent moins touchés que certaines autres productions sur le Massif, depuis les années 2000, le nombre d’exploitations ayant un atelier ovin a subi une diminution quelque soient les types de système (spécialisés ou mixtes). Ce phénomène est plus marqué pour les systèmes mixtes qui se spécialisent en abandonnant une production à l’occasion d’un départ en retraite dans des systèmes traditionnels (cas des mixtes BV-OV), en simplifiant le travail (cas des mixtes lait-viande) ou selon les opportunités (cas des polyculture-élevages).

Les activités agricoles et plus spécifiquement les élevages ont un rôle prépondérant en zone de montagne : non seulement ils permettent de maintenir un tissu économique indispensable en induisant 4 emplois pour un emploi agricole mais ils participent aussi à une cohésion sociale en maintenant des montagnes vivantes et une gestion durable des territoires.

Améliorer ses connaissances, échanger et s'enrichir d'expériences innovantes

visite coopérative vallée gavesL'ACAP et les six chambres d'agriculture des Pyrénées souhaitent améliorer la connaissance du métier d'éleveur ovin et mettre en valeur par des expériences d’éleveurs les leviers possibles pour faciliter les installations, que ce soit dans l'organisation du travail, la gestion foncière ou la valorisation des produits.

Ces journées ciblent prioritairement les personnes en formation ayant un projet d'installation en élevage ovin ou plus largement un projet professionnel dans la filière ovine. Ces journées sont cependant ouvertes aussi à tout éleveur, Jeune Agriculteur ou non et tout technicien ovin qui souhaiterait participer et échanger lors de ces journées.

En croisant les points de vus avec différents professionnels et sur plusieurs zone de la chaîne des Pyrénées, ces journées capitalisent les expériences menées sur différentes zones du Massif des Pyrénées, pour que l'innovation et les idées se propagent et puissent se transformer en projets sur l'ensemble du Massif des Pyrénées.

Premier rendez-vous : le 3 avril 2015 dans les Hautes-Pyrénées

Claude Vielle, éleveur dans la vallées des Gaves a accueilli un groupe d'éleveurs et d'étudiants pour un programme complet : débats sur les conditions d'une installation et d'une transmission réussie, visite de la coopérative de la vallée des gaves et dégustation des produits à fortes valeurs-ajoutées au magasin de producteur "la ferme en directe".