PIRINNOVI : Un projet transfrontalier au service des élevages ovins viande pyrénéens

Octobre 2016

Partager les connaissances et les méthodes pour améliorer les performances des élevages ovins viande pyrénéens sur le plan social, économique et technique .

ACAP HtesPyrenees 2Français et espagnols sont rassemblés au sein d'un projet commun pour améliorer la durabilité des élevages ovins viande de race locale des Pyrénées.

Ce sont ainsi plus de 7 organismes espagnols ( CITA, Université de Zaragoza, ARAID , INIA, Oviaragon, INTIA ) et une douzaine de structures françaises (l'Association des Chambres d'Agriculture des Pyrénées avec les Chambres Départementales d'Agriculture des Pyrénées Orientales, d'Ariège, de Haute Garonne, des Hautes Pyrénées et des Pyrénées Atlantiques, l'Institut de l’elevage, le CORAM (avec l’UPRA PC ), le CDCEO, Terre Ovine et l'INRA) qui ont décidé d'unir leurs efforts et leurs expertises sur les innovations techniques à apporter pour améliorer l'efficacité productive des élevages pyrénéens.

En partant du gène pour arriver jusqu'au territoire, le projet PIRINNOVI, financé grâce au POCTEFA (fonds FEDER) a pour ambition d'apporter une expertise et des propositions de l'infiniment petit à l'impact territorial de l'évolution possible de nos systèmes. Pour se faire, les Chambres d'Agriculture et l'Association des Chambres d'Agriculture des Pyrénées, en partenariat avec l'Institut de l'élevage s'intéressent plus particulièrement au sein du projet à l'analyse technico économique et sociale des ateliers ovins viande, les systèmes d'exploitations, leurs évolutions et l'impact sur le territoire.

Des travaux sur les aptitudes maternelles sont conduits par le CORAM avec l'UPRA Pyrénées Centrales, le CDCEO et Terre Ovine en partenariat avec les organismes espagnols. Quant à l'approche génétique, les recherches sont coordonnées par l'INRA, en partenariat avec les centres de recherche espagnols.

Le séminaire de lancement du projet se tiendra toute la journée,  le 19 octobre 2016 à l'INRA, Castanet.

Au cours de ce séminaire, les partenaires français et espagnols vous présenterons les différentes actions du projet ainsi que les derniers travaux ou progrès récemment atteints en matière de recherche et développement agricole.
Ce séminaire est une opportunité d'approfondir vos connaissances sur les travaux en cours pour améliorer les capacités maternelles et les performances des élevages ovins sur le plan social, économique et technique ainsi que les derniers progrès de la recherche dans la gestion de la prolificité.

De plus, grâce à la présence et l'intervention des différents organismes français et espagnols, techniciens et éleveurs espagnols, vous pourrez à la fois mieux connaitre la situation de la production ovine allaitante des deux côtés de la chaîne Pyrénéenne mais aussi et surtout échanger avec nos collaborateurs pyrénéens espagnols!


Inscrivez-vous vite avant le 07 octobre , les places sont limitées!logo interreg poctefa RGB


Inscription et renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Frais d'inscription de 23,50€

Assemblée Générale 2016 de l'ACAP

Août 2016

Les élus de l’association des chambres d’agriculture du massif des Pyrénées ont tenu leur assemblée générale le 30 juin 2016, à Eyne, dans le département des Pyrénées Orientales. Outre le bilan des actions de l’ACAP, les élus ont travaillé sur les perspectives et la définition des missions pour la fin de mandature.

Groupe Acap juin 2016

L’assemblée générale est ouverte par une minute de silence en souvenir de Jean-Michel ANXOLABEHERE disparu brutalement ce printemps. François TOULIS, qui assure la présidence par intérim, salue « l’homme qui a su porter les enjeux des agriculteurs pyrénéens dans le plus grand respect des spécificités de chacun. » Jean-Michel ANXOLABEHERE était président depuis la création de l’ACAP en 2008. Le monde agricole pyrénéen est en deuil.

Conserver l’unité dans le massif

L’année écoulée a été difficile pour l’agriculture. Crise agricole. Ponction sur le fonds de roulement des Chambres d’agriculture. Imbroglio de l’instruction des dossiers PAC. « Aucun agriculteur ne connaît encore le montant de ses primes de l’année 2015. Les pouvoirs publics ont une gestion calamiteuse de ce dossier. » s’exclame François TOULIS. La réforme des grandes régions, qui a aboutie avec l’élection des Présidents de Région, va avoir un impact notable sur les politiques du massif. Les Pyrénées-Atlantiques semblent isolées dans ce nouveau schéma. Tous les autres départements pyrénéens se retrouvent dans la nouvelle région Occitanie. On relève une inquiétude pour les élus de la profession. « C’est un moment stratégique très fort pour conserver l’unité dans le massif et pour que la montagne soit pris en compte dans les deux nouvelles régions » analyse Jean-Pierre GOITY, agriculteur basque. La nouvelle organisation du massif représente un enjeu majeur pour l’année à venir.

L’échelle du massif pour défendre les intérêts des exploitations pyrénéennes

L’assemblée générale 2016 ce situe à mi-parcours de la mandature 2013-2019. C’est l’occasion d’établir un premier bilan. L’ACAP est une émanation des six Chambres d’agricultures départementale du massif des Pyrénées. Elle a pour objectif la mutualisation des réflexions stratégiques des Chambres départementales et la défense des enjeux spécifiques à l’agriculture pyrénéenne. L’ACAP a travaillé sur l’unité du massif, souligne François TOULIS, et a construit des propositions communes au-delà de nos différences. La lobbying sur la réforme de la PAC, avec les autres structures de massif, a abouti à la reconnaissance des surfaces peu productives. L’ICHN a également fait l’objet de négociation sur les nouveaux critères d’éligibilités. La position à l’échelle du massif s’avère fondamentale pour défendre les intérêts des exploitations pyrénéennes. La dernière réforme a montré tout l’intérêt de faire des propositions communes partagées avec tous les massifs du territoire national. La renaissance du groupe montagne des Chambres d’agriculture (APCA) est une bonne nouvelle. Pour le volet technique, l’ACAP a lancé l’observatoire dynamique de l’agriculture des Pyrénées (Odapy). C’est un outil de simulation, d’aide à la décision et d’appui au pilotage de l’évolution des politiques publiques. Il permet également d’accompagner les projets du massif. Pour la fin de séance, les partenaires de l’ACAP ont orienté leurs travaux sur les perspectives et les missions à donner à la structure d’ici la fin du mandat en 2019. La construction des stratégies des politiques publiques demeure une des missions essentielles de l’association. Elle doit également poursuivre son travail sur la mutualisation des expériences avec l’appui entre autre de l’outil Odapy. La reconnaissance de la contribution du pastoralisme à la qualité du milieu montagnard et le renforcement des filières et de la valeur ajoutée sur les exploitations seront deux axes à investir pour les trois années à venir jusqu’à la fin de mandature.

Pour aller plus loin retrouver en téléchargement

Trois questions à Pierre MARTIN, Président de l’ACAP

Juillet 2016

Suite à la disparition douloureuse de Jean-Michel Anxolabéhère, l’association a tenu un conseil d’administration le 30 juin 2016 pour élire son successeur.
C’est Pierre MARTIN, représentant de la Chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées, qui a été élu. C’est donc un éleveur de la vallée d’Aure, proche de
St Lary Soulan, qui présidera l’ACAP, jusqu’à la fin de la mandature en février 2019

Pouvez-vous présenter ?Pierre MARTIN

Âgé de 44 ans, je suis éleveur de vaches allaitantes dans un système transhumant classique de montagne qui essaie d’associer au mieux les fonctions de production et de gestion du territoire.

Que peut représenter l’ACAP pour un agriculteur Pyrénéen ?

L’ACAP doit permettre avant tout de mieux connaître, de fédérer et de valoriser les initiatives du monde agricole à l’échelle des Pyrénées. Les 6 chambres départementales d’agriculture (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales) et les deux chambres régionales (Nouvelle Aquitaine et Occitanie) y sont associées. Au travers de ses commissions (foncière, ovine et pastoralisme) et de son comité d’orientation économique, l’ACAP doit apporter une réelle plus-value aux échelons départementaux, porter son expertise auprès des Conseils Régionaux, des DRAAF et du commissariat de massif et représenter au sein des instances nationales voire européennes la vision pyrénéenne de l’agriculture de montagne.

Cela nécessite tout d’abord une profonde connaissance pratique de nos modes de fonctionnement avec toutes les spécificités que peut contenir notre massif, du pays basque aux portes de la Méditerranée. Il convient également de conceptualiser nos systèmes afin de les faire partager, de les intégrer au mieux aux diverses politiques publiques et de mettre en exergue des initiatives susceptibles d’être reproduites en tout lieu de la chaîne pyrénéenne.

Ainsi, connaissance pratique et conceptuelle doivent nous permettre non seulement de porter le message d’une agriculture de montagne dynamique mais également de constituer une ressource pour les porteurs de projet au travers des chambres départementales. Sur un plan factuel, l’évaluation du plan de soutien à l’économie de montagne, la création de l’observatoire dynamique de l’agriculture pyrénéenne (ODAPY, à consulter et partager sur internet), l’organisation de séminaires ou de journées de rencontre des acteurs sur les enjeux prioritaires de l’agriculture pyrénéenne (installation, foncier, filières…), les actions de lobbying auprès des rédacteurs de politiques publiques ou encore la réalisation de la typologie des filières agricoles pyrénéennes constituent des exemples récents d’actions à mettre au crédit de l’ACAP.

Quels sont les enjeux pour la fin de mandature ?

Les enjeux de l’ACAP demeurent clairement fixés autour de 4 axes stratégiques :

  1. Anticiper les évolutions des exploitations agricoles et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs,
  2. Consolider le rôle de l’agropastoralisme dans la gestion des territoires,
  3. Aider à la construction de politiques publiques agricoles qui soient adaptées à nos spécificités montagnardes,
  4. Investir dans la valorisation des produits et la compétitivité de nos filières.

Fidèle à la défense de l’agriculture de montagne, l’ACAP, communauté de travail et d’expertise, s’avère être précieuse dans les discussions inter-massifs ou les représentations nationales qui traitent d’agriculture de montagne. A l’heure où nos instances et leurs politiques respectives se refondent en grande région, l’enjeu est aussi pour nous de montrer toute la pertinence de la dimension Massif et de confirmer tout l’intérêt de mutualiser nos compétences pour servir au mieux les agriculteurs de nos belles Pyrénées.

Les Actes du Séminaire foncier et multiusages en montagne

Mars 2016

Le foncier, un projet de territoire avant tout!

Vocation terres Pyrenees ACAP 2016


Dans les Pyrénées, ce sont 800 000 ha environ qui sont utilisés par l'agriculture, dont la moitié est constituée par les estives, les pâturages d'altitude.
Entre diversité de propriétaires, d'usagers, de vocation initiale des terres et des utilisations effectives, la question foncière est loin d'être un long fleuve tranquille!
Le foncier est une ressource clé pour de nombreuses activités et, en montagne, les contraintes climatiques et topographiques peuvent entrainer ou exacerber de véritables conflits d'usages.

La question foncière ne constitue jamais une fin en soi : c'est la concrétisation d'un projet de territoire qui amène les acteurs du projet à s'interroger sur le foncier.

Des outils existent pour ensuite concrétiser le projet de territoire et agir sur le foncier, que ce soit dans le domaine de la protection foncière, de la planification, de la maitrise et gestion foncière, de l'aménagement strict ou même dans le domaine fiscal et financier.

Outils Foncier ACAP 2016

Comme le concluait Bernard Moules, Président de la Commission "Foncier" de l'ACAP, lors de la conférence débat "le foncier, un projet de territoire avant tout?" de la dernière édition des Pyrénéennes,  "Il nous appartient de jouer collectif. Nous avons des outils pour cela, mais il nous faut animer et c'est ce qu'il nous manque peut être le plus. [...] Cette animation, elle est nécessaire. Si on conforte l'animation, on aura déjà fait un grand pas dans notre problématique parce que les autres outils, on les connait, on les a. Mais il faut que là aussi on les applique tous ensemble."

Pour aboutir à une gestion foncière durable, un portage politique fort, du dialogue et la participation de tous les acteurs est essentielle. Selon Jean-Michel Anxolabehere, il est aussi primordial "d'anticiper les situations pour pouvoir les prendre suffisamment en amont pour éviter d'aboutir à des situations regrettables". C'est le cas dans des contextes de concurrences qui peuvent exister entre domaines d'activités ou d'usages mais aussi dans la gestion du devenir des exploitations agricoles. L'anticipation au plus tôt de la transmission des fermes et leurs terres est l'un des enjeux essentiel dans le maintien d'activités agricoles sur nos territoires.

C'est le pari qui a été fait dans les Pyrénées Atlantiques à travers Vigitrans, un dispositif mêlant repérage, sensibilisation et accompagnement à la transmission des exploitations. Quand ont sait qu'1/3 des surfaces agricoles du massif des Pyrénées sont détenues par des chefs d'exploitation de plus de 55 ans et n'ayant aucun repreneur connu, ces projets territoriaux sont essentiels!


Comment agir, quels outils, quels projets mener?

Pour mieux comprendre les enjeux du foncier agricole pyrénéen et connaitre des projets de territoire déjà réalisés dans les Pyrénées :
  • Odapy-Web-RVB-72dpiDécouvrez ou redécouvrez l’observatoire dynamique de l’agriculture pyrénéenne:ODAPy.
  • Plus spécifiquement vous y trouverez
     - des indicateurs cartographiés sur le massif des Pyrénées
    -  des initiatives innovantes menées sur la gestion du foncier


Paroles de double actif

Francis Ader, éleveur d’ovins viande en système extensif transhumant et membre de l'ACAP, Pays de Luchon, Haute-Garonne

Photo FrancisQuelle profession secondaire exercez-vous et depuis quand ?
Depuis le début ! C’est mon activité secondaire actuelle qui m’a amenée vers l’agriculture. Initialement, j’’étais dessinateur en génie civil (bâtiment) et j’ai exercé deux ans. Au bout de ces deux années je me suis aperçu que je n’étais pas fait pour ça et je me suis réorienté pour devenir moniteur de ski. C’est finalement la nécessité d’avoir un emploi à l’année et l’opportunité de l’exploitation familiale qui m’ont conduit à devenir éleveur.

Aujourd’hui, vos deux activités ont-elles évolué ?
Oui, en effet. Petit à petit, j’ai obtenu un statut agricole (MSA) et j’ai ainsi adapté le ski à l’activité agricole.

Quelle plus-value retirez-vous de cette double activité ? Est-ce une nécessité économique ?
Longtemps le ski a prévalu sur mon revenu annuel mais en baissant l’activité les revenus agricoles et non agricoles se sont équilibrés. L’une et l’autre activité sont indispensables pour moi aujourd’hui, à la fois pour maintenir un équilibre économique mais aussi et surtout d’un point de vue social.
On a de moins en moins le temps de mettre de lien entre les gens car nous sommes toujours poussés à être plus performants. Cela ne laisse pas la possibilité de prendre le temps quand on veut que nos outils soient viables et c’est d’autant plus compliqué sur nos systèmes viande extensifs. Cette activité extérieure m’apporte un lien humain et social qui m’est indispensable.

Comment arrivez-vous à concilier les deux activités pendant la saison hivernale ?
C’est une question d’organisation. Avant, la moitié des moniteurs présents à l’année (hors périodes scolaires) étaient éleveurs. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 3 sur les 30. Il faut des outils adaptés pour faire le boulot rapidement le matin et le soir.

Et si votre activité non agricole disparaissait ou que vous ne pouviez plus l’exercer, que décideriez-vous ?
Si je n’ai plus la possibilité d’être moniteur de ski, les opportunités étant assez rares sur d’autres secteurs d’activité chez nous, je ferai évoluer l’exploitation agricole, pour à la fois générer plus de revenus mais aussi développer des activités permettant de conserver ce lien social, tel que les circuits courts par exemple, c’est très important et même essentiel pour moi.