L'ACAP a tenu son AG annuelle avec une grande participation de tous les acteurs pyrénéens

Septembre 2019

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L’assemblée générale de l’association des chambres d’agriculture du massif fut l’occasion cette année pour les élus des Chambres d’agriculture de travailler sur des propositions pour l’agriculture pyrénéenne dans le cadre de la future programmation PAC.

« Les Pyrénées sont un lieu de vie et d’action » revendique Philippe Lacube, Président de l’ACAP lors de son assemblée générale. La rencontre annuelle des acteurs de l’agriculture Pyrénéenne c’est tenu ce mardi 9 juillet sur les pentes de la station de Hautacam, dans les Hautes-Pyrénées. Les participants ont travaillé sur des propositions concrètes pour l’accompagnement de l’agriculture de montagne de demain. Dans son livre blanc pour l’ambition de l’agriculture pyrénéenne, l’ACAP a formulé une vingtaine de proposition. « La dynamique existe dans nos vallées. Malgré un contexte difficile, on croit au potentiel d’innovation et de création chez les Pyrénéens. Nous devons travailler sur un nouveau plan de soutien au pastoralisme » résume Philippe Lacube.

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Vu de l’UE, le prorata est un objet non identifié

 L’ACAP a pesé sur les politiques publiques, notamment lors de la dernière réforme de la PAC de 2015 avec la reconnaissance des surfaces peu productives. La prochaine programmation ne débutera probablement pas avant le 1er janvier 2022. Mais le travail de lobbying doit déjà commencer car le maintien de l’éligibilité des surfaces peu productives n’est pas acquis. « Ces surfaces sont remises en cause. Nous devons re-batailler pour leurs reconnaissances. Ce sera une gros chantier » regrette Philipe Lacube. L’administration, par son représentant, Guillaume RANDRIAMAMPITA, chef de service agriculture de la direction régionale de l’agriculture (DRAAF) Occitanie, confirme que les discussions de l’union européenne ne sont pas favorables aux surfaces pastorales. « Vu de l’UE, le prorata est un objet non identifié » surenchérit un représentant de la DDT. Le contexte de la nouvelle programmation PAC sera difficile avec une baisse du budget annoncée. C’est pourquoi, l’ACAP doit construire des propositions pour l’agriculture Pyrénéenne. L’association fédère les six départements du massif regroupant les deux régions (Nouvelle Aquitaine et Occitanie).

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« Nos pratiques d’éleveurs de montagne liées à l’herbe, hier obsolètes sont maintenant innovantes »

Le livre blanc est une opportunité pour présenter la vision du massif. Les idées recueillies vont renforcer ces propositions. Les participants ont travaillé sur différentes thématiques comme le renouvellement des exploitations, le foncier, les filières territorialisées, les aménités de l’agriculture de montagne ou la valorisation du pastoralisme collectif « Ca illustre notre volonté de travailler en partenariat sur le massif. C’est un vrai projet collectif de l’agriculture pyrénéenne » se réjouit le Président de l’ACAP. « Le pastoralisme est issu de nos exploitations agricoles qui font des choix économiques, de vie. Nos pratiques d’éleveurs de montagne liées à l’herbe, hier obsolètes sont maintenant innovantes. L’innovation ce n’est pas que le numérique, ce sont aussi des pratiques » poursuit-il. Le collectif est une caractéristique de l’agriculture pastorale pyrénéenne. La force du collectif doit servir à construire les projets de demain. « C’est un moteur de développement de nos territoires » résume Emmanuel Lecomte, directeur des Chambres d’agriculture des Hautes-Pyrénées et de l’Ariège. La reconnaissance doit être aussi dans la valorisation des produits. La valeur ajoutée dégagée sur les territoires doit assurer un revenu aux exploitations. « On doit vive décemment de notre métier, les primes ne doivent être que le socle de notre revenu » affirme Philippe Lacube. Une des propositions du groupe de discussion serait de travailler sur une marque parapluie faisant référence aux Pyrénées. « L’agriculture de montagne est à l’amont de la filière. Elle doit s’intégrer dans toute l’économie de montagne. Nous devons en faire des produits de référence » conclut Brice Blondel, Préfet des Hautes-Pyrénées.

Régis Baudiffier-Technicien Référent ACAP /Chambre Hautes Pyrénées

Le film PIRINNOVI de l'ACAP été lancé et disponible dans notre nouvelle chaîne!

Septembre 2019

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C'est déjà officiel, nous avons enfin ici le film sur le projet sur le projet PIRINNOVI 
réalisé par l'ACAP et le réalisateur Marc Cousin. Une vidéo réalisée avec beaucoup d'enthousiasme par les partenaires du projet, les techniciens des chambres d'agriculture et les agriculteurs des Pyrénées orientales et centrales. Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet, il vous suffit d’aller sur notre nouvelle chaîne YouTube et de choisir votre version préférée (français, espagnole ou anglais). Vous y trouverez également le reste des films de l'ACAP. Nous espérons que vous l'aimez et que vous nous donnez beaucoup de Likes! 


La montagne est un terrain d'expérimentation

Avril 2019

philippe lacube portrait 2019Deux mois après les résultats des élections des Chambres d'Agriculture, les élus du bureau de l'ACAP ont officiellement pris leurs fonctions le 9 avril dernier. Fraîchement élu à la présidence de la Chambres d'Agriculture de l'Ariège depuis février, Philippe Lacube vient de prendre la Présidence de l'Association des Chambres d'Agriculture des Pyrénées (ACAP).

Vous succédez à Pierre Martin, éleveur des Hautes-Pyrénées à la tête de l'ACAP. Son bureau vient en effet de voter en votre faveur à l'unanimité...

Je suis éleveur et entrepreneur aux Cabanes en Ariège. Avec mes 4 associés nous avons fait le choix d’élever des races rustiques véritablement adaptées aux territoires montagnards : vaches gasconnes et cochons noirs gascons. Par souci de valorisation de mes productions agricoles, je suis devenu gérant d’un restaurant et d’un magasin de producteurs. J’emploie une vingtaine de salariés.

Je me suis toujours engagé en faveur de l’entreprenariat en milieu rural. Dernièrement, j’ai présidé le CER-France de l’Ariège et de l’Occitanie.

Travailler à l’échelle du massif des Pyrénées ne m’est pas non plus inconnu. J’ai eu mes premières expériences professionnelles dans les Hautes-Pyrénées avant de m’installer en Ariège. Connu pour mon engagement sur la problématique de l’ours, j’ai endossé la présidence de l’Association pour le développement durable et l’identité des Pyrénées (ADDIP) pendant plusieurs années. A 56 ans, je suis un véritable montagnard pyrénéen dans l’âme.

La reconnaissance des spécificités de l’agriculture pyrénéenne – notamment du pastoralisme collectif - est au cœur des missions de l’ACAP. Dans un contexte de réforme des politiques européennes, quels sont les dossiers prioritaires ?

Je crois en la force du collectif pour travailler sur des questions que la profession agricole considère comme majeures et apporter une vision plus globale du développement agricole en montagne. L’ACAP elle-même est un outil collectif. Emanation des chambres d’agriculture des Pyrénées, elle œuvre en faveur du développement intégré de l’agriculture et du pastoralisme pyrénéen.

La présider est une véritable reconnaissance de mes pairs. Il m’importe aujourd’hui d’être à la hauteur des actions précédemment menées dans le champ des politiques publiques et économiques pour une meilleure prise en compte des spécificités pyrénéennes.

L’ACAP a édité en 2018 un livre blanc consignant une soixantaine de propositions pour l’agriculture du massif.

Une vingtaine de ces propositions concerne précisément l’écriture et la mise en œuvre de la prochaine PAC. La question de la reconnaissance des surfaces pastorales comme surfaces productives et donc surfaces éligibles aux aides de la PAC y est prioritaire. Lors de la réforme de la PAC de 2015, nous avons joué un rôle fondamental dans le rééquilibrage des aides du 1er pilier de la PAC entre les différents systèmes de production. Nous nous efforcerons de conforter ces mécanismes très favorables à l’élevage de montagne en soutenant une convergence totale des paiements à l’hectare et en assurant un fléchage strict des aides vers les agriculteurs actifs. Si ces dispositifs consolident le revenu de nos agriculteurs, la rémunération des biens publics qu’ils génèrent est une piste que nous travaillons activement, sans oublier le maintien de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) visant à compenser les surcoûts de production en montagne.

Enfin, nous voulons capitaliser sur les réussites du Plan de Soutien à l’Economie Montagnarde de 2007-2013 en renégociant un dispositif véritablement intégré, capable de prendre simultanément en charge le développement économique, social et environnemental du pastoralisme pyrénéen. Il actionnerait de façon combinée différents leviers (cabanes en estive, clôtures, parcs, dessertes, portage, bergers, formation, investissements, ingénierie et étude…) et serait abondé par différents fonds européens et contreparties nationales.

En miroir de ce plan, et parce que nous refusons catégoriquement le Plan ours imposé par l’Etat, nous demandons la mise en plan d’un plan spécifique de « décohabition » du pastoralisme et des prédateurs.

L’ACAP est un véritable outil de lobbying qui défend avant tout les intérêts des agriculteurs pyrénéens. Elle prend part à des débats souvent éloignés du terrain. Comment veille-t ’elle à assurer une bonne adéquation entre les politiques publiques et les besoins de terrain ?

L’ACAP est un outil particulièrement ingénieux. Petite en nombre (seulement 2 salariés), elle est pourtant dotée d’une véritable force de frappe. Structure de réseau, elle puise ses compétences dans les équipes des chambres départementales. Elle est surtout pilotée par un bureau constitué d’un représentant par département mandaté par ses ressortissants : les agriculteurs pyrénéens. Chaque élu veille ainsi à défendre les intérêts de son département. Il agit comme une courroie de transmission des problématiques de terrain et des cadres législatif des politiques publiques sur lesquelles nous travaillons.

Les Pyrénées sont à cheval sur les régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine. Alors dans un contexte de régionalisation des politiques de développement rural, nous veillons à assurer une véritable unité pyrénéenne. L’ACAP c’est aussi l’art du compromis, l’art du consensus.

Mais si l’ACAP bénéficie d’une réelle reconnaissance aux échelons européens, nationaux et régionaux, il y a aujourd’hui matière à démocratiser ses travaux. Je nourri l’ambition de montrer à tous les éleveurs pyrénéens que cet outil – dont on entend finalement peu parler localement – est important. 

Le secteur agricole doit répondre à des enjeux de viabilité économique des systèmes de production. Dans quelle mesure l’ACAP travaillera t’elle sur cette problématique ?

Je milite pour une approche globale de l’exploitation dans son territoire. En montagne plus qu’ailleurs, l’économie de l’exploitation ne s’arrête pas au seuil de l’activité agricole. Seuls 1/3 des exploitants pyrénéens déclarent que l’exploitation agricole est leur activité principale. Pour assurer la pérennité de leur exploitation, nombreux sont ceux qui ont fait le choix de mettre en place une stratégie de diversification ou sont encore pluriactifs. J’en fais moi-même partie.

Si ces stratégies financières sont souvent gagnantes, elles atteignent rapidement leurs limites juridiques et fiscales. Trop souvent cloisonnées, les formations qui existent actuellement ne répondent pas toujours aux attentes de ces entrepreneurs.

Vous l’avez compris, la question de l’entreprenariat en montagne est un sujet qui m’est cher. Je voudrais faire de la montagne un territoire sur lequel nous pourrions expérimenter ce statut nouveau d’entrepreneur rural. La loi montagne de 1985 révisée en 2017 nous en offre aujourd’hui l’opportunité. A nous de la saisir.

PIRINNOVI AU SALON DE L’AGRICULTURE DE TARBES

Mars 2019

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Les 7 et 8 mars, dans le cadre du Salon de l'Agriculture de Tarbes, l’ACAP et la Chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées ont organisé des activités du projet transfrontalier POCTEFA PIRINNOVI.

Des chercheurs du Centre de recherche Agricole d'Aragon (CITA) et l'Universidad de Zaragoza, ainsi que des techniciens de la coopérative Oviaragon-Grupo Pastores et des association des races espagnoles (Ansotana, Navarra, ...) ont participé à ces activités.

Jeudi 7 mars, deux exploitations ovines de race Castillonnaise - une race qui retrouve peu à peu son cheptel grâce au travail de plusieurs éleveurs et éleveuses des Pyrénées Central - ont ouverts leurs portes à la délégation espagnole.



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Les agriculteurs ont développé les stratégie de gestion de ces systèmes de productions et les défis auxquels ils sont confrontés aujourd'hui : coûts de production, modes de commercialisation et de valorisation du produit, gestion des estives, prédations, etc. Ce qui n'a pas manqué de soulever de nombreuses interrogations de la part des espagnols qui ont pu apprécier la performance du fonctionnement de ces exploitations.

Un espace PIRINNOVI a été déployé sur le stand de la chambre d'Agriculture des Hautes-Pyrénées, au sein même de la bergerie du salon. Le premier concours régional de la race tarasconnaise organisé conjointement par la chambre des hautes-Pyrénées et l'UPRA Pyrénées-Centrales a également suscité l’intérêt des visiteurs.


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Vendredi 8 mars, le plat principal a été le colloque à l'occasion duquel les premiers résultats sur les deux versants - Français et Espagnols - du projet PIRINNOVO ont été présentés. Belén Lahoz (CITA) a expliqué les innovations importantes atteintes en Aragon et en Navarre, surtout dans les champs génétiques et reproductifs.


En bref, la coopération a toujours du bon : nouvel échange dans le cadre de ce projet qui se conclura très prochainement par le séminaire final prévu le 10 avril prochain à Saragosse. 


         SalonTarbes